Le niveau d’exploitation des stocks des espèces de petits pélagiques sur la façade atlantique est réalisé à l’échelle nationale en appliquant la modélisation mathématique par le recours à l’approche globale et analytique tout en  capitalisant les résultats du groupe de travail COPACE du fait de la distribution généralement transfrontalière de ces stocks dans la région nord ouest africaine.

Le stock Central de la sardine est jugé en état de surexploitation. Ce stock est très dépendant du recrutement qui fluctue avec les changements environnementaux. EN 2010 une diminution importante de la biomasse de la sardine affichant le chiffre le plus bas de la dernière décennie avec une structure démographique dominée par les petites tailles a été constatée. Cette situation a été accompagnée par une disponibilité de l’anchois dans cette zone et une remontée de la sardinelle, espèce tropicale, atteignant même, la zone nord.

  Le stock sud de la sardine reste, par contre, non pleinement exploité. Toutefois, la biomasse de la sardine dans cette zone présente d’importantes variations qui ne sont pas imputables uniquement à la mortalité par pêche mais également à une réponse de la dynamique intrinsèque du stock aux facteurs environnementaux. Une approche de précaution est fortement recommandée en ce qui concerne les niveaux de prélèvements et qui devraient faire l’objet d’ajustements annuels basé sur les indicateurs sur  l’état des stocks en termes d’abondance et de composition démographique de la population.

    A l’échelle régionale, la sardine, absente au sud de Cap Blanc durant les années 1970 et 1980, montre durant les dernières décennies un déplacement des zones d’abondance au sud de la latitude 21°Nord.

 

13% de la capture de la sardine déclarée au niveau de la région nord-ouest africaine est réalisée au niveau de la zone mauritanienne. La capture au niveau de la zone sénégalaise reste très infime.

 

Le stock d’anchois situé entre Cap Spartel et Cap Bojdour est  jugé étant pleinement exploité.  Toutefois, ce diagnostic de pleine exploitation devrait être considéré avec prudence vu les fluctuations assez importantes  constatées au niveau des indices d’abondances acoustiques relatifs à cette espèce de courte durée de vie et dont  l’abondance, dépend des variations du recrutement.

  Le stock de Chinchard blanc situé entre Cap Spartel et Cap Blanc est présumé être pleinement exploité.  Toutefois, dans le contexte régional les deux stocks de chinchard blanc et noir combinées sont jugés en état de surexploitation. En effet,   ces stocks font l’objet d’une exploitation commune (des espèces du genre Trachurus) entre le Maroc et la Mauritanie du fait des migrations latitudinales des poissons en fonction des déplacements saisonnières du front thermique.

 

Le chinchard européen (Trachurus trachurus), n’a constitué au niveau de la zone nord ouest africaine que 4% de la capture totale des petits pélagiques en 2010 dont 71% des prélèvements sont réalisés  au niveau des eaux mauritaniennes et 29% dans les eaux marocaines. Pour le chinchard noir (Trachurus trecae), il a constitué, au niveau de cette zone 13% de la capture totale des petits pélagiques en 2010 avec une capture de près de 352 000 tonne. 90% des  prises sont réalisées dans les eaux mauritaniennes et seulement 5% au niveau des zones marocaine et sénégalaise.

Le Stock du maquereau espagnol, quand à lui, est jugé dans un état de pleine exploitation.  Vu l’absence de connaissances approfondies sur une éventuelle segmentation génétique et sur le comportement migratoire de l’espèce dont la distribution s’étend sur plusieurs ZEE, une approche de précaution est recommandée en ce qui concerne l’augmentation du niveau actuel des prélèvements sur ce stock.

 

La capture du maquereau (Scomber japonicus), dans la région nord ouest africaine a connu une diminution de 8% entre 2009 et 2010 dont 61% des captures, sont réalisées dans la zone marocaine, 34% dans la zone mauritanienne et 5% dans la zone sénégalaise.

 

Pour ce qui est du stock de la sardinelle ronde, il fait l’objet d’une exploitation importante au Sénégal et en Mauritanie et devrait, selon les recommandations des derniers GT COPACE, subir une réduction de la pression de pêche.

La sardinelle ronde (Sardinella aurita) représente, au niveau de la région nord ouest africaine, la deuxième espèce après la sardine avec 20% de la capture totale déclarée réalisée en 2010  dont 56% est réalisés en Mauritanie,  34% au Sénégal et seulement 10% dans la zone marocaine. La capture au niveau de la zone Gambienne a représenté moins de 1% de la capture globale. Quant à la sardinelle plate (Sardinella maderensis), elle n’a représenté, en 2010, que 6% de la capture totale Dans la région, essentiellement pêchée dans les eaux sénégalaises (63%) et secondairement en Mauritanie (33%). La capture au niveau de la ZEE marocaine a représenté moins de 1% et celle au niveau de la Gambie 3%.

 

Au niveau de la zone atlantique marocaine, les sardinelles (ronde et plate), principalement concentrées au sud de Cap Boujdour, ont été détectées plus au nord et ont marqué une extension remarquable vers la zone Centrale en 2010.

   La sardinelle, absente des données de pêche et des observations acoustiques effectuées au Sud de Dakhla dans les années 1980, a commencé à y être détectées au début des années 1990. Ces dernières années, les centres d’abondance de la sardinelle sont observés à des niveaux latitudinales qui se rapprochent de la latitude 30°N.

Concernant la zone de la Méditerranée Marocaine, l’évaluation de la sardine est abordée dans le cadre du groupe de travail adhoc CGPM. Le stock de la sardine a été jugé en 2010 en pleine exploitation.

Extrait du rapport National sur  les ressources de petits pélagiques,

INRH-Mars 2012