Depuis toujours les échouages des espèces marines (baleines, dauphins, tortues, ect.) sont observés sur les plages marocaines. Ce sont des événements variables et imprévisibles. Leur suivi constitue l’unique moyen, à faible coût, d’étudier les populations des espèces échouées, à travers l’examen des cadavres.

Les échouages constituent une source très importante d’informations et de connaissance sur les populations d’animaux menacés (cétacés, pinnipèdes, tortues marines et certains élasmobranches). Une telle connaissance est d’une grande importance pour la conservation.

Un animal échoué, qu’il soit mort ou vivant renseigne sur la biologie (croissance, reproduction, sex-ratio…), l’écologie (biogéographie, abondance, régime alimentaire…), la santé (pathologies, parasites…) et les causes de mortalité de l’espèce (naturelles, impact des activités humaines, etc.).

L’Institut National de Recherche Halieutique (INRH) a mis en place un programme scientifique spécifique, permettant d’assurer le suivi des échouages depuis les années 1990. Cette institution, centralisée à Casablanca jusqu’en 1995, dispose actuellement de six centres de recherche qui couvrent la totalité de la côte marocaine (Atlantique et Méditerranée).

Ainsi et pour réussir ce programme, l’INRH a développé au niveau de chacun de ses Centres Régionaux, des compétences en la matière.

L’INRH est traditionnellement sollicité par les autorités locales et les forces de l’ordre afin de fournir un support scientifique dans la gestion des échouages. Cela consiste à identifier l’espèce, relever les paramètres biométriques, identifier les causes possibles de l’échouage, prendre des photos, se concerter avec les autres intervenants sur les actions à mener pour l’évacuation de la carcasse et plus récemment effectuer des nécropsies et prélever des échantillons de tissus.

Cette activité tend à se structurer au sein de l’INRH en un Réseau National de suivi des Échouages dont la mise à niveau est actuellement en cours. 

 

Le fonctionnement du réseau se résume en quatre phases :

  • La phase d’alerte :

Recueillir l’information et les premiers renseignements sur l’échouage et évaluer les moyens nécessaires pour l’intervention. L’alerte est généralement transmise aux correspondants INRH par les autorités locales, la gendarmerie royale ou les autres intervenants qui collaborent avec l’INRH dans ce programme.

 

  • La phase d’intervention

L’intervention est réalisée en collaboration avec les différents intervenants (autorités locales, forces de l’ordre). Elle doit être rapide et efficace afin de prévenir les risques sanitaires (zoonoses) en cas de contact physique avec le cétacé vivant ou mort et gérer l’évacuation des carcasses.

 

  • La phase d’exploitation 

Comprend la collecte de données sur l’espèce échouée (identification, biométrie, paramètres démographiques, écologiques, causes de mortalité, prises de photos), la réalisation d’une nécropsie et prélèvement d’échantillons (tissus, organes, dents, fanons…) et de parasites internes et/ou externes.

 

  • La phase d’information 

Retour de l’information aux autorités locales (copie du constat d’échouage), aux membres du réseau et aux structures associées ainsi qu’un suivi médiatique pour informer et sensibiliser le public et la réalisation de rapports de synthèse…

  

Les espèces faisant objet de l’échouage au Maroc sont :

  1. Cétacés
  2. Tortues marines
  3. Certains élasmobranches
  4. Pinnipèdes

 

 

Risques associés aux échouages

Vivant ou mort, un cétacé échoué présente un ensemble de risques à prendre en compte dans la gestion des échouages. Un animal vivant peut se débattre ou mordre en engendrant des blessures plus ou moins graves ; un coup de nageoire caudale d’une baleine peut propulser un homme à plusieurs dizaines de mètres. Les animaux morts ou blessés peuvent être porteurs de maladies et faire courir des risques sanitaires, notamment en transmettant des infections à staphylocoques, la brucellose, des mycoses, et d'autres agents pathogènes dont certains potentiellement mortels. Il arrive également que des baleines explosent spontanément en expulsant le gaz de fermentation accumulé dans la cavité abdominale.

Aussi, l’intervention du public sur les animaux échoués devrait être proscrite dans la mesure du possible, et celle des acteurs habilités encadrée par des règles strictes. L’établissement d’un périmètre de sécurité et le port de gants et de masque jetables à proximité de la carcasse sont une nécessité.

 

Alerte échouage

Ne jamais tenter d’agir seul, éviter toutes manipulations. 

Envoyer un Mail à echouage@inrh.ma